L'assurance de prêt immobilier : les pièges dont on ne vous parle pas

Lundi 06 novembre 2017

Entre les différentes clauses et garanties ou encore les délais de carence, voici comment éviter certains pièges que vous ne remarquerez pas du premier coup d’œil en souscrivant à une assurance emprunteur.

Souscrire à une assurance emprunteur n’est pas obligatoire lorsque vous faites un crédit immobilier. Pour autant, peu de banques vous laisseront emprunter sans que vous soyez assuré. Le but : ne pas perdre trop d’argent dans le cas où il vous arrive quelque chose. Vous n’avez donc pas vraiment le choix. Alors, quitte à souscrire à une assurance, mieux vaut choisir la bonne.

Assurez-vous où vous voulez

Lorsque vous faites un prêt, votre banque vous proposera souvent de souscrire à sa propre assurance. Sachez que ce n’est pas obligatoire. Vous avez parfaitement le droit de refuser. Une seule condition : que le contrat d’assurance que vous choisissez soit équivalent à celui proposé par votre banque. Il faut donc que celui-ci présente les mêmes garanties (décès, invalidité et maladie, dans la plupart des cas). Comparer les offres reste donc la meilleure solution. N’hésitez pas également à faire jouer la concurrence entre les différents établissements pour obtenir un rabais.

N’hésitez pas à résilier

Par ailleurs, sachez que, peu importe l’assurance choisie, vous pouvez résilier durant la première année suivant la signature de votre contrat. Plutôt pratique, non ? Pour cela, il vous suffit d’envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception à votre assureur au moins 15 jours avant le 1er anniversaire de votre contrat. Il est également possible de résilier les années suivantes sauf que cette fois-ci, il faudra envoyer un courrier au moins 2 moins avant la date d’échéance de votre contrat. Encore une chose : il faut que votre banque accepte ce changement de contrat. Mais rassurez-vous, elle ne peut refuser sans raison valable.

Méfiez-vous des garanties optionnelles

Les garanties, c’est ce sur quoi vous serez couvert en cas de pépin. Il est donc très important d’opter pour un contrat avec de solides garanties. Les garanties décès, invalidité et maladie vous seront souvent imposées. Vous serez ensuite libre d’en choisir d’autres. La garantie perte d’emploi est, par exemple, très intéressante. Si vous vous faites virer, cela vous évitera de vous endetter jusqu’au cou afin de rembourser votre prêt immobilier. Mais attention, certains assureurs ne vous couvriront pas en cas de rupture conventionnelle ou de chômage partiel. D’une manière générale, vous ne serez couvert que si vous avez droit à l’allocation chômage, et donc si vous vous faites licencier. Par ailleurs, pour bénéficier de cette garantie, il faut impérativement que vous soyez en CDI. Des tas de restrictions sont susceptibles d’être ajoutées en fonction des contrats, ce qui fait qu’il n’est pas forcément intéressant de souscrire à la garantie perte d’emploi au final.

Lisez entre les lignes des garanties obligatoires

Concernant les garanties obligatoires, pensez également à lire entre les lignes. Pour la garantie invalidité, la plupart des assureurs distinguent, par exemple, la perte totale et irréversible d’autonomie, l’incapacité temporaire totale de travail, l’invalidité permanente totale et l’invalidité permanente partielle. Pour être sûr d’être assuré au mieux, assurez-vous donc que votre garantie vous couvre sur l’ensemble de ces risques. Aussi, vérifiez que vos garanties ne seront pas annulées au moindre petit changement de situation. Par exemple, si vous avez un problème de santé ou si vous changez de métier, il faut absolument que vous soyez indemnisé sans avoir besoin d’en informer votre assureur au préalable. Pour chaque garantie, lisez donc attentivement les mentions spéciales de votre contrat afin de ne pas avoir de mauvaise surprise.

Vérifiez la durée des garanties…

Selon le contrat, la durée et le plafond des garanties vont varier. La durée, c’est le nombre de jours durant lesquels vous serez couvert. Exemple : vous vous retrouvez au chômage mais certains assureurs ne vous couvriront que 6 mois alors qu’ils peuvent normalement vous indemniser jusqu’à un an. Et méfiez-vous, en cas de chômage toujours, les assureurs ne vous couvriront, en général, pas plus de 2 ou 3 ans sur la durée total de votre prêt. En clair, si vous venez de contracter un prêt sur 20 ans, sachez que vous ne pourrez pas vous retrouver au chômage plus de 2 ou 3 ans durant 20 prochaines années au risque de ne plus être indemnisé par votre assurance. Par ailleurs, certaines assurances arrêteront de vous couvrir à partir d’un certain âge. Vérifiez donc que vous continuerez à être assuré après 60 ans. Encore plus important, vérifiez que vous continuerez à bénéficier de toutes garanties, et ce même si vous perdez votre emploi.

… Et le plafond des garanties

Passons maintenant aux plafonds. Les plafonds, ce sont les sommes maximums de remboursement à laquelle vous aurez droit. Ces sommes sont soit exprimées en année, soit par sinistre. Selon les garanties, les plafonds de remboursement peuvent varier. Plus les plafonds sont élevés, plus ils sont intéressants. Comparez donc bien les plafonds proposés par les différentes assurances avant de vous engager.

Faites attention à la quotité

Autre interrogation récurrente : qu’est-ce que la quotité ? Ce mot utilisé dans le jargon des assurés signifie la part du capital à garantir. En clair, si vous faites un crédit de 300 000 € et que votre quotité est de 50 %, vous ne serez couvert qu’à hauteur de 150 000 €. Problème : vous devrez donc payer 150 000 € de votre poche en cas de sinistre. Si vous êtes célibataire, les choses sont simples : la plupart des banques vous obligeront à vous couvrir à 100 %. Vous êtes donc tranquille. Idem si vous êtes en couple sauf que, dans ce cas, il va falloir vous partager ce pourcentage. Au choix, vous pouvez le partager de la manière suivante :

  • 50 % sur chaque emprunteur
  • 100 % sur l’un des deux emprunteurs
  • Comme bon vous semble (en fonction de vos revenus respectifs, par exemple, ou si l’un des deux a un risque plus élevé de tomber malade)

Pour faire le bon choix, posez-vous la question suivante : en cas de disparition de l’un des deux emprunteurs, lequel sera le plus susceptible de faire face au crédit avec ses propres moyens ? Une fois que vous avez la réponse, appliquez le pourcentage le plus élevé à celui qui aurait le plus de mal à s’en sortir. Eh oui, ce choix est difficile à faire donc prenez le temps d’y réfléchir et d'en parler à vos proches. D’autant plus que vous n’avez pas d’autres alternatives à moins que… vous vous assureriez à 200 %, soit 100 % chacun. Dans ce cas, si l’un des deux conjoints décède, l’autre n’aura rien à payer puisque l’assurance réglera le coût total du crédit. Mais comme vous vous en doutez, cette couverture bien plus protectrice vous coûtera forcément plus cher. A vous de voir !

Attention au délai de carence…

Le délai de carence, c’est le laps de temps qui s’écoule entre le moment où vous souscrivez à une assurance et le moment où celle-ci vous prend en charge. Durant cette période, s’il vous arrive quoi que ce soit, vous ne serez pas couvert. Le mieux est donc d’opter pour le délai de carence le plus court possible.

… Et au délai de franchise

Outre le délai de carence, pensez également à vérifier le délai de franchise, c’est-à-dire le laps de temps qu’il vous faudra attendre entre l’évènement pour lequel vous serez indemnisé (une incapacité temporaire de travail suite à un accident, par exemple) et le début de vos indemnisations.Il est risqué d’opter pour un délai trop long car en cas de pépin, vous devrez avancer l’ensemble des frais, ce qui risque bien de vous coûter un bras. Pour info, ce délai peut, par exemple, varier de 15 à 180 jours en cas d’incapacité temporaire de travail.

Faites appel à un courtier

Vous ne trouverez pas le contrat d’assurance parfait. Soyons réaliste. Et si c’était le cas, ce contrat coûterait excessivement cher. La raison ? Plus est contrat est intéressant pour vous, plus il coûtera cher. Pour ne pas payer plein pot, il va donc falloir faire quelques compromis. Pour ne pas faire d’erreurs et souscrire à une offre intéressante, n’hésitez pas à faire appel à un courtier. Certes, vous devrez le payer, et donc encore dépenser de l’argent, mais au moins il trouvera une offre qui corresponde à vos attentes. Il s’agit donc d’une solution intéressante d’autant plus qu’en 15 ou 25 ans, la durée moyenne d’un prêt immobilier, il peut se passer beaucoup de choses.

Par ailleurs, n'hésitez pas à utiliser un comparateur de prêts immobiliers en cliquant ici !