La retraite pour les nuls : tout ce que vous devez retenir en quelques points clés

Mercredi 16 mai 2018

La retraite, c’est compliqué. Vous n’y échapperez pourtant pas. Alors, mieux vaut comprendre comment ça marche avant qu’il ne soit trop tard.

La retraite. Tout le monde l’attend et quand elle pointe le bout de son nez, peu y sont vraiment préparés. Il est pourtant possible d’anticiper le jour J pour pleinement en profiter le moment venu. Mais avant toute chose, mieux vaut comprendre comment fonctionne la retraite. Accrochez-vous, on vous explique tout !

Les retraites sont principalement financées par les actifs via leurs cotisations sociales. Certains impôts et certaines taxes telles que la CSG, ainsi que d'éventuelles contributions de l'Etat, permettent également de les financer. Le système de retraite français regroupe d'ailleurs, en réalité, deux éléments bien distincts :

  • La retraite de base
  • La retraite complémentaire

Les actifs cotisent à la fois pour la retraite de base et la retraite complémentaire. C’est obligatoire. Si la retraite de base est le fondement de la retraite en France, la retraite complémentaire sert, elle, à augmenter les rémunérations des salariés à la retraite. La différence entre les deux est assez simple à comprendre. Pour résumer, disons que leur mode de calcul n’est pas le même et que ce sont des caisses de retraite différentes qui s’en occupent.

La retraite de base

Dans le détail, retenez que la retraite de base est, la plupart du temps, gérée par le régime générale de retraite de la Sécurité sociale. Du moins, pour l’ensemble des salariés du privé. Il n’y a néanmoins pas de régime universel et chaque catégorie socio-professionnelle dispose de sa propre caisse.

Exemple : les salariés du privés dépendent du Régime général qui est lui-même géré par la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS) tandis que les exploitants agricoles sont soumis à la Mutualité sociale agricole (MSA) qui est pour sa part gérée par la Caisse de retraite de base de la MSA. Vous voyez le topo ?

Pour compliquer encore les choses, notons l’existence de régimes spéciaux pour les employés de certaines grandes entreprises publiques telles que la SNCF ou EDF. Ces régimes spéciaux gèrent à la fois la retraite de base et la retraite complémentaire. Passons justement aux retraites complémentaires. De quoi s’agit-il vraiment ?

La retraite complémentaire

La retraite complémentaire est gérée par l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Arrco). Les cadres, eux, cotisent également à l'Association générale des institutions de retraite des cadres (Argic).

Autrement, la retraite de base et la retraite complémentaire sont toutes deux calculées à partir de votre salaire annuel moyen, du taux de liquidation (taux appliqué au salaire annuel moyen pour calculer votre pension) et de la durée d’assurance (nombre de trimestres cotisés). La différence entre les deux, c’est que la retraite complémentaire est régie par un système de points. Ces points vont varier en fonction de la durée de cotisation effectuée et de votre salaire. Ils seront ensuite convertis en euros lorsque vous prendrez votre retraite. Ce n’est pas clair ? On vous explique.

Le calcul de la retraite

La formule de calcul utilisée pour la retraite de base est la suivante : salaire annuel moyen x (durée d'assurance / durée d'assurance retraite maximale requise) x taux de retraite.

  • Salaire annuel moyen = vos 25 meilleures années de salaire brut
  • Taux de retraite = pourcentage de votre salaire annuel moyen. Le taux plein est de 50 % pour les salariés du privé et 75 % pour les salariés du public. Ce taux va varier en fonction de votre âge et de votre durée d'assurance
  • Durée d’assurance = nombre de trimestres que vous avez acquis ou racheté

Donnons un exemple assez simple pour faciliter la compréhension :

Vous avez toujours été salarié du privé. Imaginons que vous ayez atteint l’âge de la retraite et que vous ayez cotisé 166 trimestres sur les 166 requis, que votre salaire annuel moyen soit de 30 000 € et qu’aucune décote ou surcote ne soient appliquées dans votre cas. Vous devez donc faire le calcul suivant : 30 000 x (166/166) x 0,5 = 15 000 € par an, soit 1 250 € bruts par mois. C’est ce à quoi vous aurez droit. Voilà pourquoi on dit qu’avec la retraite, vos revenus sont divisés par deux.

Passons maintenant à la formule utilisée pour calculer la retraite complémentaire. Elle est la suivante : valeur du point x nombre de points x taux de pension.

  • 1 point Agirc = 0,4352 €
  • 1 point Arrco = 1,2513 €

Un exemple ?

Imaginons que vous ayez atteint l’âge légal de la retraite (ce qui veut dire qu’aucun coefficient d'abattement ne sera appliqué sur vos points), que vous étiez salarié du privé et que vous avez accumulé 5 000 points Agirc et 9 000 points Arrco au cours de votre carrière. Cela nous donne donc : (0,4352 x 5 000 x 0,5) + (1,2513 x 9 000 x 0,5) = 6 718,85 € bruts par an, soit 559,90 € par mois. Un complément non-négligeable !

Tous ces calculs sont un peu compliqués, n’est-ce pas ? Pour ne pas vous prendre la tête, vous pouvez toujours faire une simulation du montant de votre retraite en cliquant ici. Mais attention, les estimations ne remplacent en aucun cas les calculs de votre organisme compétent. Pour ne pas vous tromper, le mieux est donc encore de demander directement à votre ou vos caisses de retraite. 

L’âge de départ à la retraite

La grande question que se posent tous les salariés est : à quel âge vais-je bien pouvoir partir à la retraite ? Eh bien, c’est simple : l’âge légal à partir duquel vous avez le droit de prendre votre retraite est actuellement fixé à 62 ans. Soulignons tout de même que pour certains métiers, cet âge est susceptible de varier. Il est, par exemple, de 57 ans pour certains agents publics des catégories dites « actives » ou encore de 60 ans dans bon nombre de régimes spéciaux.

Ce qu’il est important de retenir, c’est que départ à la retraite ne signifie pas automatiquement retraite à taux plein. La raison ? Pour bénéficier d’une retraite à taux plein, il faut avoir cotisé tous les trimestres requis. Le nombre de trimestres requis va varier en fonction de votre âge.

Il vous faudra 160 trimestres (soit 40 ans de travail)

Il vous faudra 161 trimestres (soit 40 ans de travail + 1 trimestre)

Il vous faudra 162 trimestres (soit 40 ans de travail + 2 trimestres)

Il vous faudra 163 trimestres (soit 40 ans de travail + 3 trimestres)

Il vous faudra 164 trimestres (soit 41 ans de travail)

Il vous faudra 165 trimestres (soit 41 ans de travail + 1 trimestre)

Il vous faudra 166 trimestres (soit 41 ans de travail + 2 trimestres)

Il vous faudra 167 trimestres (soit 41 ans de travail + 3 trimestres)

Il vous faudra 168 trimestres (soit 42 ans de travail)

Il vous faudra 169 trimestres (soit 42 ans de travail + 1 trimestre)

Il vous faudra 170 trimestres (soit 42 ans de travail + 2 trimestres)

Il vous faudra 171 trimestres (soit 42 ans de travail + 3 trimestres)

Il faut faudra 172 trimestres (soit 43 ans de travail)

Enfin, sachez que si vous n’avez pas cotisé tous vos trimestres, vous pourrez quand même partir à la retraite sans subir de minoration à condition de partir à l’âge de :

  • 65 ans si vous êtes né avant le 1er juillet
  • 65 ans et 4 mois si vous êtes né entre le 1er juillet et le 31 décembre 1951
  • 65 ans et 9 mois si vous êtes né en 1952
  • 66 ans et 2 mois si vous êtes né en 1953
  • 66 ans et 7 mois si vous êtes né en 1954
  • 67 ans si vous êtes en 1955 ou après

Si tel est le cas, sachez que votre pension sera toutefois calculée en fonction du nombre de trimestres cotisés. En clair, vous ne toucherez pas autant que vous le devriez !