Devenir entrepreneur : les clés du succès

Vendredi 06 avril 2018

Ça y est, c’est décidé : vous vous lancez à votre compte ou, mieux, vous allez créer votre propre entreprise et (enfin) devenir maître de votre destin ? Plus facile à dire qu’à faire. Pour ne pas vous louper, lisez notre petit guide du parfait entrepreneur.

Qui ne rêve pas de s’affranchir de sa hiérarchie pour lancer sa propre boîte ? Si, comme un jeune sur six, vous rêvez de créer votre entreprise, c’est que vous avez l’esprit entrepreneurial. Contrairement aux idées reçues, l’entreprenariat ne concerne pas uniquement les grands chefs d’entreprise. Du chauffeur Uber que vous commandez pour rentrer chez vous le soir au boulanger situé au coin de la rue en passant par le coiffeur à domicile : tous sont des entrepreneurs en puissance.

Ou plus précisément des auto-entrepreneurs puisqu’ils n’ont pas d’employés et ne dépendent que d’eux-mêmes pour survivre. Oui, survivre. Car être auto-entrepreneur, c’est aussi prendre le risque de se casser la gueule. Imaginons que vous vous mettiez à faire de la poterie dans le but de revendre vos œuvres en ligne. Si personne ne vous achète quoi que ce soit, vous ferez 0 bénéfice. Résultat : vous finirez le mois dans le rouge.

Pour éviter cela, il vous reste donc deux solutions : continuer à travailler à côté ou bien vous former pour augmenter vos chances de réussir. Si vous continuez à bosser en plus de votre activité d’auto-entrepreneur, l’avantage est que vous sécuriserez vos revenus et que vous n’aurez plus la crainte de finir le mois sans rien avoir à vous mettre sous la dent. Ce peut donc être la solution idéale le temps de lancer et tester votre activité. Ou bien pour gagner plus comme nombre de salariés qui enfilent leur costume de chauffeur VTC après le travail. Mais attention, si vous optez pour cette solution, vous pourrez dire adieu aux grasses matinées. Le mieux est encore de mettre de l’argent de côté avant de vous lancer.

En savoir plus : Auto-entrepreneur : le B.a.-ba de ce régime si particulier

La formation : une des clés de la réussite

Autrement, vous pouvez vous former. Tout le monde n’a pas eu la chance de faire les grandes écoles. Et même si c’est le cas, une petite formation ne fait jamais de mal. Pour ce faire, n’hésitez pas à vous rendre dans la Chambre de Métiers et de l’Artisanat ou la Chambre de Commerce et d’Industries la plus proche de chez vous. Elles organisent régulièrement des réunions d’information destinées aux futurs auto-entrepreneurs. Vous y apprendrez des tas de choses utiles pour ne pas vous écraser au décollage. Elles proposent également des stages parfois payants, parfois gratuits. Le mieux, c’est donc de se renseigner directement sur place.

Se former c’est bien. Mais comment faire quand on n’a pas un rond ? Devenir auto-entrepreneur peut avoir un coût mais c’est encore pire si vous souhaitez monter une entreprise non-individuelle. Heureusement, des aides existent. En voici une liste non-exhaustive :

Par ailleurs, qui a dit que l’entreprenariat était la chasse gardée des hommes ? Le Fonds de garantie à l’initiative des femmes vous permet d’avoir accès à des prêts très avantageux si vous êtes une femme. Le but ? Réduire les inégalités femmes-hommes et encourager ces dernières à monter leur entreprise. Sinon, il y a les micro-crédits de l'Association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE) qui peuvent s’avérer très intéressants pour démarrer une activité sans trop s’endetter. Pour bénéficier de toutes ces aides, mieux vaut toutefois avoir un projet solide et bien ficelé.

Bien s’entourer : la meilleure solution pour casser la baraque

Avant de lancer votre boîte, pensez également à récolter des conseils et des informations auprès d’autres entrepreneurs. Si vous n’en connaissez pas, les réseaux sociaux sont vos amis. Avec LinkedIn, vous pourrez notamment vous mettre en relation avec tout un tas d’entrepreneurs exerçant une activité similaire à la vôtre. Evitez simplement de contacter la concurrence directe. Cela pourrait… comment dire ? Les agacer au plus haut niveau.

Sachez qu’il y a également plein de petits réseaux sociaux réservés aux entrepreneurs :

  • Pour les auto-entrepreneurs qui veulent se faire connaître, il y a Yooneed. L’intérêt ? Vous faire connaître auprès de clients potentiels en mettant en valeur votre savoir-faire.
  • Pour les entrepreneurs qui souhaitent échanger avec leurs homologues à l’étranger, il y a Beeleev. L’intérêt ? S’inspirer de ce qui se fait à l’étranger et échanger des idées.

Trouver la bonne structure : la condition indispensable à tout projet

Une fois que votre idée est bien en place et que votre projet avance, il va falloir réfléchir à la future structure de votre entreprise, ou plus précisément au statut pour lequel vous allez opter. Un choix à ne pas prendre à la légère.

Voici un petit résumé des différentes structures à privilégier en fonction de vos besoins et de si vous êtes seul ou avec plusieurs associés.

  • ​Si vous voulez vous lancer à votre compte et/ou tester une activité, il n’y a rien de mieux que l’entreprise individuelle (EI). D’ailleurs, contrairement à ce que beaucoup pensent, l’auto-entreprenariat est une version simplifiée du statut de l’entreprise individuelle, et non un statut à part. Autre statut intéressant : l’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL). C’est l’entreprise individuelle préférée des Français car elle est très simple à créer. Son principal avantage est que votre responsabilité y est limitée car elle vous permet de séparer votre patrimoine personnel de celui de l’entreprise, et donc de ne pas prendre trop de risques.
  • Si votre projet est très ambitieux, il y a l’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL). Il s’agit d’une véritable société qui vous permet d’afficher un capital social. Elle est donc plus compliquée à monter. A ne pas tenter pour une première petite expérience. Autrement, il y la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU).
  • Si votre projet est relativement simple et terre à terre, il y a la Société à Responsabilité Limitée (SARL). Simple à créer, c’est la structure la plus adaptée pour les petites entreprises. Si votre projet est un peu plus ambitieux, peut-être qu’une Société par Actions Simplifiée (SAS) sera préférable.
  • Si votre projet nécessite de nombreux employés, de grands locaux, … la Société Anonyme est faite pour vous. C’est un peu l’ultime étape de tout entrepreneur. 

En savoir plus : EI, SASU, EURL, SARL, … : quelles différences entre ces statuts ?

Du statut de votre entreprise dépendra également la manière dont seront calculées vos cotisations et vos impôts. Il est donc très important d’y réfléchir attentivement.

L’EURL et la SARL vous permettront, par exemple, de payer moins de cotisations sociales sur votre rémunération. C’est donc mieux pour gagner plus dès le départ. En revanche, privilégiez la SASU ou la SAS si vous voulez jouir d’une retraite similaire à celle des fonctionnaires. Pour les auto-entrepreneurs, les choses sont plus simples grâce au régime micro-social simplifié qui vous permet de déclarer votre chiffre d’affaires de façon mensuelle ou trimestrielle, ce qui est plutôt avantageux pour calculer les cotisations et contributions sociales que vous devrez payer par la suite.

En tant qu’auto-entrepreneur, vous serez également obligé de payer l’impôt sur le revenu. Grâce au prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu dont bénéficient les auto-entrepreneurs, ce sera très simple pour vous. Les choses se corseront dans le cas où vous avez monté une entreprise ou une société. Dans ce cas, vous serez soit soumis à l’impôt sur le revenu, soit à l’impôt sur les sociétés en fonction des cas. A vous de bien réfléchir avant de choisir.

En savoir plus : Impôt sur le revenu : le cas d’un auto-entrepreneur

Etre conscient de ses limites pour aller de l’avant 

Monter son entreprise, c’est aussi avoir des doutes et passer des nuits blanches à réfléchir à la suite. Encore plus si vous démarrez petit et que votre entreprise grossit au fur et à mesure que le temps passe. Vous aurez alors peut-être peur de ne pas être à la hauteur. Cela prouve que vous êtes conscient de vos faiblesses, ce qui est une bonne chose car ça signifie que vous ne ferez pas n’importe quoi. Eh oui, combien de chefs d’entreprise ont fait faillite car ils pensaient tout maîtriser alors qu’en réalité, ils étaient totalement à la ramasse ?

Pour autant, ne paniquez pas. Ou, pas encore. Quand ce moment viendra, il sera encore temps de vous former. Depuis 2011, les auto-entrepreneurs paient la contribution pour la formation professionnelle (CFP) une fois par mois ou par trimestre à hauteur de leur chiffre d’affaires, ce qui leur donne le droit d’accéder à certaines formations. Pour en profiter, il vous suffit de déposer une demande de prise en charge auprès du Fond d'assurances formation (FAF) dont vous dépendez :

  • L’AGEFICE pour les commerçant
  • Le FAFCEA pour les artisans
  • Le FIF PL pour les professions libérales

Pour les entrepreneurs purs et durs, c’est-à-dire ceux qui sont passés au stade supérieur, il y a l’Agence France Entrepreneur (AFE) qui dispense tout un tas de formations allant de la création d’entreprise au suivi et développement de votre projet. N’hésitez donc pas à vous renseigner. Dans tous les cas, n’oubliez pas que le lancement d’une entreprise n’est que le début. Si cette phase est essentielle à votre réussite, il ne faudra pas pour autant relâcher votre attention par la suite.

Entreprendre, c’est prendre un risque mais c’est aussi et surtout apprendre son métier un peu plus tous les jours. Alors, quand les vraies choses commenceront, rappelez-vous donc de cette célèbre citation de Jeff Bezos : « Je savais que si j'échouais, je ne le regretterai pas, mais je savais que la seule chose que je pourrai regretter était de ne pas essayer ». Et quand vous aurez des doutes et que vous aurez peur de ne pas être à la hauteur, cette citation de Morgan Freeman pourrait bien vous redonner du baume au cœur : « Si quelqu'un vous traite d'amateur, rappelez-lui que ce sont des amateurs qui ont fait l'arche de Noé, et des professionnels le Titanic ».