EI, SASU, EURL, SARL, … : quelles différences entre ces statuts ?

Jeudi 05 avril 2018

Vous rêvez de créer votre entreprise mais vous êtes perdu entre les différents statuts ? Pas de panique, on vous explique.

EI, SASU, EURL, SARL, … Pas facile de s’y retrouver dans le jargon des statuts d’entreprise. Pourtant, si vous souhaitez devenir auto-entrepreneur ou carrément avoir des salariés, il va falloir que vous connaissiez les différences. Vous êtes prêt ? Voici de manière progressive tout ce qu’il faut que vous reteniez.

Auto-entrepreneur ou EI ?

Pour aller au plus simple, on pourrait dire que si vous voulez vous lancer à votre compte et/ou tester une activité, mieux vaut lancer une entreprise individuelle (EI). La raison ? c’est ce qu’il y a de plus simple à faire et de moins risqué. D’ailleurs, contrairement à ce que beaucoup imaginent, l’auto-entreprenariat est une version simplifiée du statut de l’entreprise individuelle, et non un statut à part. Chauffeur VTC, coiffeur à domicile, vendeur de poterie… en devant auto-entrepreneur, vous pourrez exercer une petite activité indépendante de manière assez simple. Si vous vous lancez dans une nouvelle aventure, nous vous conseillons donc, dans un premier temps, de devenir auto-entrepreneur.

En savoir plus Auto-entrepreneur : le B.a.-ba de ce régime si particulier

Le problème, c’est que si votre business marche bien et que vous gagnez beaucoup d’argent, vous ne pourrez pas le rester longtemps car le chiffre d’affaires des auto-entrepreneurs est plafonné à 82 800 € par an (ou 33 200 € par an dans certains cas). Si vous dépassez ces plafonds, il faudra donc opter pour l’entreprise individuelle (EI). Ne vous inquiétez, il est assez simple de passer de l’un à l’autre. La principale différence est que vous ne serez plus soumis au très avantageux régime fiscal de la micro-entreprise. Mais au régime du réel à l’impôt sur le revenu.

En savoir plus : Droits et obligations : les 10 commandements des auto-entrepreneurs

EI, EIRL ou EURL ?

Mais passer à l’entreprise individuelle, c’est aussi choisir entre trois différents statuts :

  • L’entreprise individuelle (EI)
  • L’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL)
  • L’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL)

On vous explique leurs principales différences.

L’EI est très simple à créer. Le risque principal est que votre patrimoine et celui de l’entreprise ne font qu’un. Résultat : si vous contractez des dettes ou que votre entreprise va mal, c’est vous qui allez casquer. Autrement, vos cotisations sociales sont calculées à partir du montant de vos bénéfices qui sont eux-mêmes imposés à l’impôt sur le revenu.

L’EIRL est une sorte de statut intermédiaire entre l’EI et l’EURL. C’est l’entreprise individuelle préférée des Français car elle est très simple à créer. L'avantage, c'est que votre responsabilité est limitée car votre patrimoine y est distinct de celui de l’entreprise. En cas de faillite par exemple, vous ne perdrez pas vos biens personnels. Enfin, avec l’EIRL, vous pouvez choisir d’imposer vos bénéfices à l’impôt sur les sociétés, et non plus à l’impôt sur le revenu. C’est toujours mieux d’avoir le choix. Voilà pourquoi l’EIRL est certainement le meilleur statut pour ceux qui veulent créer leur petite entreprise sans se prendre la tête ni prendre trop de risques.

L’EURL est assez différente de l’EI et de l’EIRL. Il s’agit d’une véritable société, ce qui vous permet d’afficher un capital social. A la différence des autres types de sociétés, vous n'avez toutefois pas besoin d'un associé pour en créer une. L’intérêt d'afficher son capital social ? Cela va rassurer vos clients et partenaires. En contrepartie de ces avantages, vous allez devoir désigner un gérant (vous ou un tiers), rédiger des statuts, … Autant le dire franchement : c’est assez compliqué comparé par rapport à une EIRL. Votre responsabilité, elle, est limitée à ce que vous avez investi dans le capital social.

SA, SARL, SAS ou SASU ?

La société anonyme (SA), la société par actions simplifiée (SAS), la société à responsabilité limitée (SARL) et la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) sont les quatre types de sociétés les plus répandus en France.

Pour simplifier, disons que la SARL est la structure la plus adaptée pour les petites entreprises. Ce qui est bien, c'est qu'il est facile de passer d’une entreprise individuelle à une SARL. De plus, cette opération ne vous coûtera qu’un euro symbolique.

En revanche, si vous avez une grosse entreprise avec beaucoup d’employés, le mieux pour vous est de créer une SA. Pour cela, sachez qu’il vous faudra toutefois plusieurs actionnaires, un administrateur, ... Avec la SA, vous passerez donc à l’étape supérieure. C’est pourquoi elle est plutôt destinée à ceux qui ont des projets solides et ambitieux.  

La SAS et la SASU, elles, sont assez similaires. Ces deux types de sociétés sont une sorte d'entre-deux entre la SA et la SARL : vous n'avez pas besoin d'un capital minimum pour en créer une et les investisseurs et les banquiers les préfèrent aux SARL. La principale différence entre les deux est qu’avec la SAS, vous aurez besoin d'un ou plusieurs associés tandis qu’avec la SASU, vous n'en aurez pas besoin. Comme pour l'EURL, l’intérêt de la SAS et de la SASU, c'est de rassurer vos clients et partenaires en affichant un capital social.

Maintenant que vous en savez plus, voici quelques petites précisions qui pourraient bien vous être utiles pour la suite.

Points communs et différences entre EURL et SASU : si vous vous lancez seul dans l’aventure de l’entreprenariat, vous serez peut-être tenté par l’EURL ou la SASU. En gros, retenez que l’EURL vous permettra de payer moins de cotisations sociales sur votre rémunération. C’est donc mieux pour gagner plus dès le départ. La SASU, elle, doit être privilégiée par ceux qui veulent jouir d’une retraite similaire à celle des salariés.

Points communs et différences entre SARL et la SAS : si vous vous lancez à plusieurs dans l’aventure de l’entreprenariat, vous serez peut-être tenté par la SARL ou la SAS. En gros, retenez que la SARL vous permettra de payer moins de cotisations sociales sur votre rémunération. C’est donc mieux pour gagner plus dès le départ. La SAS, elle, doit être privilégiée par ceux qui veulent jouir d’une retraite similaire à celle des salariés.