Le guide de l'expatrié pour les nuls

Jeudi 22 mars 2018

Vous comptez partir travailler à l’étranger et vous souhaitez devenir incollable sur l’expatriation ? Pour tout connaître de A à Z, c'est par ici.

Vous êtes plutôt plage, soleil et cocotiers ? Ou grandes villes, centres commerciaux et gratte-ciels à foison ? Peu importe. A partir du moment où vous ressentez le besoin de quitter le cocon familial et de rompre avec votre routine quotidienne, il y a de fortes chances pour que l’expatriation vous séduise. Soulignons également que l'expatriation est souvent liée à une opportunité professionnelle car il est parfois plus facile de décrocher le job de ses rêves à l'étranger qu'en France.

Mais contrairement aux idées reçues, l’expatriation ne concerne pas uniquement les cadres et les chefs d’entreprise. Pour preuve, 8 expatriés français sur 10 sont des jeunes âgés de 18 à 30 ans ; et ils sont loin d’être tous diplômés. En revanche, une chose est sûre : l’expatriation séduit puisqu’environ 3 millions de Français ont choisi de s’installer à l’étranger.

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Peut-être que vous aussi, vous en rêvez. Mais est-ce vraiment le bon moment ? Partir vivre à l’étranger n’est pas qu’une partie de plaisir. Enfin, si. Mais tout dépend de votre situation. Si vous venez de terminer vos études et que vous n’avez toujours pas de job par exemple, il va falloir vous débrouiller tout seul.

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Si tel est votre cas, sachez toutefois que l’expatriation est une super expérience qui vous permettra :

  • D’apprendre une langue en seulement quelques mois
  • De devenir autonome
  • De vous faire de nouveaux amis
  • De découvrir une nouvelle culture

1ère étape : les recherches en tous genres  

Si vous êtes un jeune sans emploi, le mieux est de vous préparer à l’avance. Ne faites surtout pas l’erreur de partir du jour au lendemain. Au risque de revenir à la maison la queue entre les jambes. Pour éviter cela, commencez donc par rechercher un job et un logement avant de partir. Certes, vous risquez de mettre du temps avant de trouver. Le problème, c’est que si vous faites toutes vos recherches sur place, vous risquez bien de ne jamais trouver. Vous saisissez la différence ? 

Il faut toutefois reconnaître que certains s’en sortent très bien, et ce même face à l’inconnu. Au final, tout dépend donc de votre degré de débrouillardise et du type de job que vous recherchez. En effet, vous trouverez plus facilement une place en tant que barman qu'un poste en entreprise. Aussi, si vous ne voulez pas vous retrouver à sec dès votre arrivée, vous feriez mieux de travailler quelques mois avant de partir. Un peu d’argent mis de côté ne fait jamais de mal et vous permettra de faire face aux imprévus.

Par ailleurs, veillez à faire vos demandes de visa et de permis de travail à l’avance. La raison ? Avec les ambassades et les consulats, ça prend toujours du temps, beaucoup de temps. 

Si vous êtes salarié d’une entreprise, les choses sont différentes. Dans ce cas, il y a de fortes probabilités pour ce soit votre entreprise qui se charge de tout (ou presque). Vous n’aurez alors que deux choses à négocier : votre contrat et votre salaire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une mince affaire.

En effet, de votre type de contrat (travailleur détaché, contrat local ou contrat d’expatriation) dépendront énormément de choses comme vos droits au chômage, vos cotisations pour la retraite et votre protection sociale. Des sujets somme toute hyper importants !

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Si on devait faire un classement des meilleurs contrats, ce serait sans aucun doute dans l'ordre suivant :

  • 1 - Travailleur détaché
  • 2 - Contrat d’expatriation
  • 3 - Contrat local

Pas de bol, ce sont les contrats locaux qui sont les plus largement répandus. Et pour cause : ils coûtent beaucoup moins cher aux entreprises. Pour autant, rassurez-vous, il est tout à fait possible de continuer à jouir d’une protection sociale à la française et de conserver vos droits au chômage et à la retraite en adhérant à la Caisse des français de l'étranger (CFE) et en vous inscrivant à Pôle emploi services, la caisse de chômage des expatriés.

Pour ce qui est du salaire, c’est une autre affaire. Pour le négocier au mieux, il va vous falloir faire quelques calculs et tenir compte du niveau de vie du pays dans lequel vous partez. Si on vous propose un salaire exorbitant mais que la vie y est deux fois plus chère qu’en France, vérifiez bien que vous n’êtes pas perdant. De plus, sachez que dans de nombreux pays, l’impôt sur le revenu est prélevé à la source, ce qui signifie qu’il est directement retenu sur votre salaire. Il vous faut donc prendre tout cela en compte pour négocier votre salaire à la hausse si besoin.

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2ème étape (facultative) : la vie de couple

D’une manière générale, les choses vont être très différentes en fonction de si vous vivez seul ou à deux. On pourrait résumer en disant : si vous êtes célibataire, foncez ; si vous êtes en couple, discutez-en. Eh oui, s’expatrier, c’est aussi embarquer sa moitié (ou non) dans ses aventures. Mieux vaut en discuter largement à l’avance pour éviter tout conflit et vous mettre d’accord sur la marche à suivre. Evitez donc d'annoncer à votre conjoint votre intention de quitter le pays lorsque vous faites les courses. Auquel cas, il risque de très mal le prendre. A la surprise, préférez la réflexion et la concertation.  

Notons qu’il y a généralement quatre grands cas de figure :

  • Votre conjoint ne travaille pas et vous suit
  • Votre conjoint travaille mais vous suit quand même en adaptant sa carrière
  • Votre conjoint ne vous suit pas mais vous restez ensemble
  • Vous décidez de vous séparer avant le départ

Selon une étude de 2008, un couple sur trois divorcerait après vécu à l’étranger. Et pour cause : s’il est difficile de vivre loin des yeux, loin du cœur, il est encore plus difficile de tout abandonner pour suivre sa moitié au bout du monde.

Si jamais vous comptez vous marier avant de partir, réfléchissez donc bien. Cela peut être une bonne idée à condition que vous soyez sûr de votre couple et de votre aptitude à vous adapter à une nouvelle vie. Si vous le faites pour des raisons purement administratives, ça risque de ne pas tenir. Et beaucoup font cette erreur. En effet, pour obtenir un visa « conjoint » aux Etats-Unis, il faut, par exemple, un acte de mariage, ce qui pousse plus d’un couple à se marier à la va-vite.

Pour vous aider, on vous conseille fortement la lecture de "Chéri on s'expatrie : guide de survie à l'usage des couples aventuriers" d’Alix Carnot. Un bouquin qui vous aidera à combiner vie de couple, famille et carrière. A bons entendeurs.

3ème étape : le grand départ

C’est bon ? Vous savez où et quand vous partez, ce que vous allez faire et où dormir ? Il ne vous reste donc plus que quelques étapes avant le grand départ.

Tout d’abord, vérifiez que vos papiers sont à jour. Dans certains pays, il faudra que votre passeport ait une durée de validité de plus de 6 mois. Le mieux, c’est donc de tout refaire. Prenez-vous-y au moins un mois avant votre départ. Il serait bête de se retrouver sans papiers le jour de votre départ… Consultez également un médecin avant de partir. Il vérifiera que vous avez bien reçu tous les vaccins obligatoires.

Du côté administratif, vous devrez également avertir votre centre des impôts, votre caisse de retraite et la Poste de votre changement d’adresse. Pensez aussi à réclamer un permis de conduire international et à ouvrir un compte bancaire à l’étranger. Si vous avez des enfants, ne faites pas l’erreur d’attendre d’être sur place pour les inscrire à l’école auquel cas ils risquent de ne pas être scolarisé tout de suite. Une bonne nouvelle pour eux puisqu’ils auront une excuse pour faire l’école buissonnière. Mais pas pour vous.

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Nos petites astuces pour économiser un peu d’argent lors de votre déménagement :

  • Réservez vos billets d’avion ou de train en avance
  • Résiliez tous vos abonnements et contrats (téléphonie, Internet, gaz, électricité, …)

4ème étape : le kiffe

Une fois sur place, vous risquez de mettre du temps à vous adapter à votre nouveau pays. Vos amis et votre famille vont certainement beaucoup vous manquer au début. C’est ce qu’on appelle le blues de l’arrivée. Mais sans même vous en rendre compte, vous allez commencer à apprécier la vie locale, à vous faire de nouveaux amis, à vous créer une nouvelle routine pleine de rebondissements, … Bref, à enfin kiffer votre séjour !

Et pas de panique, si jamais vous avez un peu de mal, vous pouvez toujours télécharger l’application mobile Wander. Cette plateforme collaborative pour expatriés vous permettra d’échanger avec des locaux et d’autres expatriés installés dans votre pays d’accueil. Vous pourrez ainsi prendre connaissance des bonnes adresses et rencontrer de nouvelles personnes. Et pour les parents, il y a le site Internet Expats Parents. Il s’agit d’une véritable plateforme collaborative où les parents trouveront tous les conseils nécessaires pour accompagner leurs petits et grands à l’étranger. De quoi vous simplifier la vie.

Enfin, nous n’avons qu’un conseil à vous donner : profitez pleinement de votre expérience à l’étranger !

5ème étape : le choc du retour

Après plusieurs mois, voire plusieurs années d’expatriation, il va falloir revenir chez vous. Si le choc du départ a été rude, sachez que celui du retour sera encore pire. Rappelez-vous cette citation du film Bienvenue chez les Ch’tis lorsque le personnage interprété par Dany Boon dit : « un étranger qui vient dans le Nord pleure deux fois : quand il arrive, et quand il repart ». Eh bien, c’est un peu pareil pour l’expatriation. 

Mais ne vous en faites pas, vous vous réhabituerez vite à la vie en France et il y a fort à parier pour que la fête surprise que vos amis organiseront pour votre retour soit inoubliable. Mais le retour, ce n’est pas que l’affaire des bons sentiments. C’est aussi de la préparation. Un peu comme lors du départ en fait. Du côté des administrations étrangères, il va falloir penser à toutes les prévenir de votre retour en France et leur fournir votre nouvelle adresse au cas où elles auraient besoin de vous contacter. Idem pour la poste locale. N’oubliez pas d’également emporter vos contrats de travail, bulletins de paie, avis d'imposition locaux, certificats de scolarité de vos enfants, liste des vaccinations obligatoires reçues, … Vous en aurez besoin pour la suite.

Comme pour le départ, le retour en France va grandement dépendre de votre situation professionnelle.

Si vous retournez travailler dans votre entreprise, les choses seront plutôt simples. Votre entreprise va certainement gérer vos dossiers et autres méandres administratives. De votre côté, vous allez pouvoir tranquillement reprendre vote train-train quotidien.

En revanche, si vous vous retrouvez sans emploi, les choses vont se corser. Vous devrez vous inscrire en tant que demandeur d’emploi au plus tôt lors de votre retour. Si vous étiez en Europe, vous devriez toucher le chômage sans problème. Autrement, il se peut que vous ne bénéficiiez pas du chômage car vous n’avez pas souscrit au Pôle emploi des Français de l’étranger. Votre conseiller Pôle emploi devrait alors vous rediriger vers le RSA. Idem si vous n’aviez aucune couverture sociale à l’étranger. Vous risquez alors de ne pas bénéficier de l’Assurance maladie. En revanche, vous aurez droit à la protection universelle maladie. Mais comme vous le savez, avec l’administration, ça peut prendre du temps. Alors faites vos démarches rapidement pour vous en débarasser au plus vite. 

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Heureusement, pour vous aider dans vos démarches, le service public a mis en place un simulateur en ligne « Retour en France ». Du coup, il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter : welcome back, buen regreso, willkommen zurück, 欢迎回来, مرحبا بعودتك,...

Enfin, bon retour quoi !