Changer de banque : mode d'emploi

Jeudi 14 juin 2018

Depuis 2017, le mandat de mobilité bancaire a grandement facilité le passage d’une banque à l’autre. Compte courant, livret A, crédit immobilier… Voici tout ce que vous devez savoir.

Contrairement aux Américains, les Français ont beaucoup de mal à changer de banque. Selon un sondage réalisé par Next Content, seuls 14 % des Français disent en avoir changé au cours des deux dernières années. Plus étonnant, 42% des personnes interrogées affirment n’avoir jamais changé de banque principale. Et pour cause : ils pensent souvent que les démarches à effectuer sont trop compliquées ou ils ont peur de ne pas pouvoir changer de banque sans motif valable.

Ils ont faux sur toute la ligne. En effet, la banque est une entreprise comme une autre. Continueriez-vous à aller chez le même boulanger s’il était désagréable ou s’il vous faisait payer votre baguette une fortune ? Certainement pas. Eh bien, c’est pareil pour les banques. Si vous avez de mauvaises relations avec votre banquier ou si vous en avez marre de payer des frais bancaires trop élevés, vous pouvez tout à fait en changer sans avoir à vous en justifier.

Le mandat de mobilité bancaire instauré par Emmanuel Macron en 2017 permet notamment de déléguer gratuitement à votre nouvelle banque une partie des démarches à effectuer. Pourquoi ce service va vous simplifier la vie ? Tout simplement parce que si vous n’y avez pas recours, vous devrez vous-même contacter tous les créanciers pour lesquels vous avez des prélèvements automatiques (fournisseur d’accès Internet, électricité, gaz…) ainsi que tous vos débiteurs (employeur, Caf…) en leur envoyant un courrier de changement de domiciliation bancaire et votre nouveau RIB. Une tâche plutôt fastidieuse… Pour vous épargner cela, voici la marche à suivre pour profiter intelligemment du service d’aide à la mobilité bancaire.

Le service d’aide à la mobilité bancaire : la marche à suivre

Dans un premier temps, il convient d’ouvrir un compte bancaire dans une nouvelle banque. Une fois que c’est fait, demandez à bénéficier du service d’aide à la mobilité bancaire. Votre nouvelle banque prendra alors en charge le transfert de vos virements réguliers ainsi que celui des prélèvements automatiques. Vous pouvez également demander à votre nouvelle banque de s’occuper de la clôture de votre ancien compte et du transfert de votre solde. Et dans le cas où vous préfèreriez clôturer votre compte vous-même, il suffit d’envoyer une demande de clôture de compte en banque par lettre recommandée avec accusé de réception à votre ancienne banque.

Une fois que votre demande aura été prise en compte, n’oubliez pas que vous devrez retourner tous vos anciens moyens de paiement à votre banquier (carte bancaire, chéquiers…). Il s’agit de l’ultime étape pour pouvoir changer de banque en paix.

Et pour les livrets d’épargne ?

Pour ce qui est des livrets d’épargne, ce n’est pas aussi simple. La raison ? Ils ne peuvent pas être transférés d’une banque à l’autre. Vous devrez donc clôturer vos livrets puis en ouvrir de nouveaux dans votre nouvelle banque. Mais pas d’inquiétude, c’est gratuit !

Et le crédit immobilier dans tout ça ?

La question des crédits immobiliers est plus délicate. En cause : ils ne peuvent être transférés d’une banque à l’autre. Il ne vous reste donc que trois solutions :

  • Vous laissez votre emprunt immobilier dans votre ancienne banque
  • Vous le remboursez par anticipation avec de l’argent que vous avez mis de côté
  • Vous le faites racheter par une autre banque, ce qui n’est pas forcément intéressant car vous risquez de payer plus en taux d’intérêt

Autre problème : lorsque vous souscrivez à un crédit immobilier, vous vous engagez généralement à ouvrir un compte dans la banque qui vous fait le prêt et à y domicilier vos revenus jusqu’à ce que vous ayez remboursé votre emprunt. En clair, vous ne pouvez généralement pas clôturer votre compte courant aussi facilement.

Sachez toutefois que si tel est le cas, la clause que vous avez signé avec votre banque n’est jugé légale que si :

  • Vous avez obtenu une contrepartie en échange (exemple : des taux d’intérêt plus bas pour votre crédit)
  • Elle ne dure pas plus de 10 ans

Si vous êtes coincé, sachez aussi que vous pouvez toujours négocier avec votre banquier en lui proposant de mettre en place un virement depuis votre nouveau compte vers l’ancien dans l’unique but de rembourser votre crédit immobilier. Vous continuerez toutefois à payer des frais de tenue de compte, ce qui n’est pas très rentable.