L’impôt sur le revenu : c’est quoi et comment ça marche ?

Jeudi 19 octobre 2017

Près de la moitié des ménages en France paient l’impôt sur le revenu. Direct et progressif, le calcul de cet impôt est parfois compliqué. Voici ce que vous devez savoir.

En vigueur depuis 1914, l’impôt sur le revenu (IR) est la deuxième source de recettes fiscales de l’Etat. Il est calculé en fonction des revenus des Français, c’est à dire qu’il s’adapte selon chaque situation de chacun. Il s’agit d’un impôt progressif. Plus vous gagnez d’argent, plus vous allez payer. Mais pour ne pas créer un système trop injuste, un système de quotient familial a été mis en place. Cela signifie qu’en fonction du nombre de vos enfants et de vos charges familiales, le coût de cet impôt sera peut-être moins important.

A quoi sert l’IR ?

L’impôt sur le revenu permet de financier le budget de l’Etat. Cet argent est donc réutilisé pour financer tout un tas de prorogatives de l’Etat (éducation, santé, défense, …). Il sert également à rembourser une partie de la dette publique.

Qu’est que l’IR rapporte à l’Etat ?

L’impôt sur le revenu rapporte gros à l’Etat. En 2016, il lui a permis d’encaisser 72 milliards d’euros. C’est le deuxième impôt qui rapporte le plus d’argent, derrière la TVA, puisqu’il rapporte un quart des recettes fiscales de l’Etat.

Qui paie l’IR ?

Environ un ménage sur deux paie l’impôt sur le revenu en France. En 2016, il fallait gagner plus de 14 704 € par an pour être imposable.

Quel est le budget moyen ?

Le budget moyen des Français pour l'impôt sur le revenu est difficile à calculer. Entre ceux qui paient l’impôt, ceux qui ne le paient pas et ceux qui le paient à des taux différents, établir un budget moyen ne serait pas représentatif. Ce qu’il faut toutefois retenir, c’est que ce sont les classes moyennes qui paient la plus grosse part de cet impôt. La raison ? Les plus modestes ne le paient pas et les plus riches bénéficient parfois d’avantages fiscaux.

Maintenant que vous comprenez mieux à quoi sert l’impôt sur le revenu, passons en revue la manière dont il est calculé.

Le revenu imposable

Pour payer l’impôt sur le revenu, il faut d’abord déclarer l’ensemble de vos revenus perçus sur une année (salaire net imposable, retraite, pension, bénéfices commerciaux, revenus fonciers, …). Attention, certaines aides ou revenus sont exonérés d’impôt comme le RSA ou encore les intérêts que votre livret A vous a rapporté.

Le revenu brut global

Une fois vos revenus déclarés, l’administration calcule elle-même certains abattements fiscaux auxquels vous avez droit. Pour la déclaration de 2016, l’administration a retiré 10 % du montant des revenus des Français, ce qui a donc allégé le poids de leurs impôts.

Le revenu net global

Du total de la somme calculée jusqu’ici peuvent ensuite être déduites certaines charges. Ce sont les charges déductibles (pension alimentaire, épargne, CSG, …).

Le revenu net global

L’administration peut maintenant passer au calcul de votre revenu net global. C’est très simple. Il s’agit de votre revenu net global auquel on soustrait certains abattements spéciaux.

Le système de tranches

En fonction de leurs revenus, tous les Français ne paient pas le même impôt. Un système de tranches a été adopté pour faciliter le calcul de ce qui est taxé ou non à partir de votre revenu imposable. Voici le barème qui a été appliqué en 2017 pour les déclarations de revenus de 2016 :

  • La tranche de 0 à 9 710 € n’est pas imposée.
  • La tranche de 9 710 à 26 818 € est imposée à 14 %.
  • La tranche de 26 818 à 71 898 € est imposée à 30 %.
  • La tranche de 71 898 à 152 260 € est imposée à 41 %.
  • La tranche au-delà de 152 260 € est imposée à 45 %.

Votre taux d’imposition

Votre véritable taux d’imposition variera toutefois en fonction de votre quotient familial. Le quotient familial correspond à votre situation (célibataire ou marié), au nombre d’enfants que vous avez et à vos charges familiales. En clair, à salaire équivalent, si vous êtes marié et que vous avez des enfants, vous paierez moins d’impôts que si vous êtes célibataire sans enfant. 

Exemple 1 : vous êtes célibataire et vous n'avez pas d'enfant (donc votre quotient familial est égal à 1). Vous déclarez 50 000 € de salaires imposables. 50 000/1 = 50 000. Il faut penser à calculer l’abattement de 10 %, soit 45 000 € pour le revenu brut global.

  • De 0 à 9 710 € = vous n’êtes pas imposable sur cette somme.
  • 26 818 – 9 710 = 17 108. Vous devez ensuite faire le calcul suivant : 17 108 x 14 % = 2 395,12 € . C’est ce que vous paierez pour la deuxième tranche.
  • 45 000 - 26 818 = 18 182. Vous devez ensuite faire le calcul suivant : 18 182 x 30 % = 5 454,6 € . C’est ce que vous paierez pour la troisième tranche.

Au total vous paierez donc : 2 395, 12 + 5 454, 6 = 7 849 €.

Exemple 2 : vous êtes marié et vous avez deux enfants (les deux premiers enfants valant 0,5 part fiscale chacun, votre quotient familial est donc de 3). Votre famille a déclaré 50 000 € de revenus imposables, soit 45 000 € de revenu brut global . 45 000/3 = 15 000 €. Vous serez donc imposable 3 fois sur cette tranche, et non sur le total des 50 000 €. Vous devez donc faire le calcul suivant : 15 000 x 14 % = 2 100 €. Vous devez ensuite multiplié cette somme par 3 (pour vos 3 parts fiscales), ce qui donne 6 300 €. C'est la somme que vous aurez à payer, soit 1 000 € de moins que si vous étiez célibataire et sans enfant.

Les réductions et les crédits d’impôt

Des dons ou des cotisations à des organismes d’intérêt général permettent d’obtenir des réductions d’impôt. Le versement de cotisations syndicales permet, lui, d'obtenir un crédit d'impôt. Découvrez la liste complète de ce qui permet d'obtenir des réductions, des crédits ou des déductions d'impôt en cliquant ici.